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C’est aujourd’hui vendredi 21 août à 18h puis 18h30 heure locale qu’une centaine de salles équipées de la technologie Imax 3D dans le monde vont projeter gratuitement 15 minutes d’images en 3D du film Avatar.
IMAX, abréviation de l’anglais Image Maximum, est un format de pellicule créé par l’IMAX Corporation, au Canada, qui a la capacité d’exposer des images d’une plus grande taille, et d’une meilleure résolution, que les pellicules conventionnelles.
Avatar est un film de science-fiction de James Cameron tourné en 3D Relief, dont la sortie aux États-Unis est prévue pour le 18 décembre 2009.
Le réalisateur, père des longs métrages qui ont marqué leur temps, a passé plus d’une décennie à révolutionner l’utilisation d’effets spéciaux au cours de projets toujours plus ambitieux : citons dans l’ordre Terminator 1, Aliens 2, Abyss, Terminator 2 et enfin Titanic (pour lequel il a reçu 11 Oscars).
James Cameron est aussi un grand scénariste puisqu’il a écrit lui-même les histoires de la saga Terminator, d’Abyss et d’Aliens le retour. La science-fiction est, on le voit, son genre de prédilection, lui qui a toujours rêvé de repousser les limites de la technique en matière d’effets spéciaux.
Avatar, dont il a écrit le scénario au début des années 1990, mais qu’il n’a pu tourner pour des raisons techniques, s’inscrit dans la droite ligne de ses précédentes œuvres. En effet, la rumeur de l’époque voulait que ce film nécessite la mise au point de personnages en images de synthèses photoréalistes… chose alors impossible ! Au stade de sa réalisation, le film s’annonce d’ores et déjà comme une révolution technologique…
En conséquence, ce film deviendra probablement le plus couteux de tous les temps. Le budget consacré au film est présentement de… 315 millions de dollars. Quasiment un tiers de milliard… La campagne de communication a soigneusement été préparée de façon à faire monter l’impatience du public : un projet annoncé depuis Titanic, un scénario scellé du secret, une affiche de cinéma énigmatique, la révélation d’images à quelques privilégiés réunis à San Diégo dans le cadre du Comic-Con, puis enfin l’annonce de ce Avatar Day, gratuit pour tous…
A propos de scénario… L’acteur Sam Worthington (héros sacrificiel et rédempteur dans Terminator 4, qui incarnera également le légendaire Persée dans le Choc des Titans en 2010) joue le rôle d’un soldat paraplégique lié à une forme de vie extraterrestre de la planète Pandora. Cet ex-marine au lourd passé va se retrouver en expédition avec une équipe de soldats et de scientifiques humains dans la jungle de la planète, et va découvrir la race humanoïde qui habite ces lieux : les Na’vis, des créatures semblables à des humains, à la différence prêt que leur peau est bleu. Pour pouvoir survivre sur Pandora, Jake est obligé de passer dans le corps d’un Avatar. Un Avatar est un être disposant d’une conscience humaine, mais d’un corps extra terrestre. Dans le cas présent, Jake se retrouve donc avec l’apparence d’un Na’vi. Très vite, il va se retrouver dépassé par les événements, puisque son existence va se retrouver liée à un conflit entre les Na’vis et les humains.
Les images du trailer dévoilent un univers ultra-réaliste, celui de cette planète luxuriante abritant une « autre » forme de vie intelligente. L’illusion de la réalité : ce but est poursuivit dans l’art depuis qu’il existe. Les grands maîtres de la Renaissance tels Michel-Ange ou Léonard de Vinci utilisaient des techniques picturales pour restituer aux choses toute leur beauté et toute leur noblesse authentiques. Cette quête de perfection a donné au monde les plus grandes œuvres d’art. Le titre « Avatar » indique que la création du cinéaste canadien poursuit le même but : il sous-entend que ces « trompe-l’œil » sont au cœur de l‘histoire… On comprend mieux pourquoi James Cameron a attendu que la technique des effets spéciaux progressent, pour donner à ces personnages une perfection réaliste.
Le terme avatar est bien connu des utilisateurs de l’informatique : dans l’univers virtuel d’internet ou d’un jeu, un avatar est un personnage représentant l’utilisateur. C’est une sorte de projection imaginaire de l’ego, que l’on se choisit et en laquelle on s’identifie. Il répond inconsciemment au besoin de se sentir autre de ce que l’on est ; il donne à l’imaginaire une occasion de s’évader et à l’ego une opportunité de se transformer en quelque chose d’autre…
Le lien qui unit le héros à son avatar extraterrestre sera donc vraisemblablement la raison de son engagement aux côtés de cette civilisation, mise en danger par l’être humain. Dans le contexte épique d’un conflit interplanétaire se joueront une quête individuelle de rédemption, ainsi qu’une histoire d’amour improbable entre un humain et une extraterrestre. D’aucun sera sensible à la portée morale de cette œuvre : écologie, pacifisme, tolérance.
Un message simple mais qu’il est urgent de recevoir… ! Le héros devra-t-il mourir pour rétablir l’harmonie et la paix ? Nous verrons, mais nous pouvons d’ores et déjà commencer à nous inspirer de son ambition… et de sa réussite certaine. Les héros ne faillissent jamais.
(Note du proprio : Yann signe ici sa première intervention sur le blog avec une présentation alléchante d’un film que j’attends avec une extrême impatience !)

Supermyo
Très bien écrit ! J’apporte une petite précision : un avatar est, en premier lieu, une incarnation terrestre des dieux dans l’hindouisme. Mais bon, entre projection de l’ego et incarnation d’une entité spirituelle, la différence est tellement minime que cela revient à la même chose. Quoi qu’il en soit, j’attends avec impatience ce chef d’oeuvre d’un pionnier de la technologie en général. Mine de rien, monsieur Cameron a toujours une longueur d’avance dans toutes ses réalisations. Et puis, j’attends de voir aussi Sam Worthington qui m’avait paru plutôt bon acteur dans T4.
Yann
Hum… Je ne pensais pas que quelqu’un connaîtrait la première et donc exacte définition du mot avatar. Maxime a des lecteurs de grande qualité! Effectivement l’essence de ce mot nous fait basculer du côté de la spiritualité indienne. Pour les hindouistes, Jésus Christ est un avatar, au même titre que le Bouddha (avatar de Vishnu) et les autres êtres humains à l’origine des grandes religions. Selon cette conception de la spiritualité, Krishna s’incarne d’âge en âge selon son bon plaisir pour apporter le bien et détruire le mal. Au passage, nous venons d’entrer dans le Kali Yuga (l’Age de Fer), au cours duquel les hommes ne seront plus capables de reconnaître les avataras divins…
Je suis tout à fait d’accord avec toi: pour un hindouiste, soi-même n’est pas différent de Dieu, à condition d’avoir enlevé à l’ego toute attache terrestre.
Un film peut manipuler des principes bien plus anciens et profonds qu’il n’y paraît! La science-fiction, un genre mineur?
Supermyo
La science-fiction, un genre mineur ? Cette question est primordiale. Selon moi, la science-fiction est loin d’être mineure, contrairement à ce qu’un grand nombre d’invidus (le terme de personnes ne leur convient pas du tout) pense.
La première chose qui fait de la science-fiction un genre « majeur » tient dans les questionnements qu’elle pose sur l’avenir du monde, de l’homme et de l’univers. Certes, elle le fait par le biais d’histoire « imaginée ». Certains malins me répondraient que le voyage spatial est une abérration, que le clonage humain ne peut fonctionner (au nom d’une complexité propre à l’espèce humaine), que nous sommes les seuls dans l’univers, etc. Bien évidemment, toute la science-fiction n’est pas porteuse d’interrogation. Comme dans tous les genres littéraires, il y a des navets.
La seconde chose à considérer vient du fait que la science-fiction met en garde contre les abus de la technologie qui, poussée à son maximum, rend l’homme esclave de lui-même par le biais de sa propre création. L’idée de la création prenant son indépendance transparaît d’abord dans le thème des robots et la robotique en général (nous sommes entourés de robots sans le savoir ; l’exemple du grille-pain devrait en surprendre plus d’un). Mais, malgré les mises en garde, l’humanité semble s’approcher de plus en plus de sa fin.
COMMENT ? Deux exemples me viennent à l’esprit :
– Le désir des scientifiques de créer des robots à forme et apparence humaines. Ils ont du tout comprendre de travers et, bon chrétiens qu’ils sont, n’ont pas forcément compris la Bible lorsqu’elle dit que « Dieu a créé l’homme à son image ». On pourrait penser que l’homme est un clone de Dieu, alors qu’en fait il est question de « programation », c’est-à-dire que l’homme est sensé être animé par les mêmes sentiments, les mêmes émotions que son créateur. Ce qui m’amène à mon second exemple.
– Les travaux sur l’intelligence artificielle. J’ai toujours trouvé inquiétant de vouloir créer des machines capables de penser par elle-même, car cela ne peut que provoquer l’apparition de la conscience à un moment donné. La conscience peut être quelque chose de dangereux, surtout si elle émane d’un programme créé par une espèce belliqueuse tirant plus sur « l’apprenti sorcier » (vous vous souvenez, Mickey et les balais envoutés dans Fantasia ?)
POURQUOI ?
Par le biais de la technologie qui avance, l’homme semble vouloir à tout prix se convaincre qu’il n’est pas issu de la Nature, mais de sa propre volonté. Il se veut extérieur à ses origines, il se veut immuable quoi qu’il advienne. Il n’est pas un animal, il est lui-même. Il se voit comme une sorte de « génération spontanée », c’est-à-dire issu du néant. Pour beaucoup, croire avoir été créé par une conscience quasi-humaine (tout créateur n’a aucun lien avec la nature, car il est le père de toute chose et de lui-même. La technologie, et surtout ce qu’elle permet de créer, donne un sentiment de toute puissance.
J’arrête ma réflexion là et je vous laisse avec Rabelais qui disait que la « science sans conscience n’est que ruine de l’homme »
Maxime
@ Supermyo : Ton intervention reprend un thème particulièrement cher à ce blog, à savoir l’intelligence artificielle. Florian nous a développé un article passionnant à ce sujet, je t’en recommande chaudement la lecture.
L’idée de création par l’Homme d’une conscience a cela d’effrayant qu’elle peut aboutir à des conséquences néfastes pour celui-ci, la science-fiction en a fait un sujet d’inspiration majeure : I-Robot, Star Wars, Bladerunner ou Matrix en sont autant d’illustrations. Je pense que tu devrais apprécier quelques articles à paraître sous peu.
J’aime la science-fiction, elle est pour moi bien plus qu’un genre littéraire, c’est une fenêtre ouverte sur notre futur à tous. En d’autres termes la science-fiction permet à ceux qui s’y intéressent de méditer sur les probables de notre monde et la façon de les appréhender, une leçon de vie par anticipation !
Bien avant l’émergence d’une véritable intelligence artificielle ou d’aventures épiques à la Avatar, je crois que la science-fiction va rejoindre la réalité sur un autre sujet : la confrontation monde réel / monde virtuel. Je suis prêt à prendre le pari qu’avant une dizaine d’années les êtres humains pourront évoluer librement dans un monde totalement numérique, ce qui amènera à coup sûr un grand nombre de questions : distinction entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas ? abandon du monde physique au profit du virtuel ?…
Supermyo
En octobre sort un film illustrant ce questionnement : « Clones » avec Bruce Willis. Le film se passe dans un futur proche où chaque être humain possède un clone robotique. Les humains restent chez eux et contrôlent leur double dans une sorte de rêve contrôlé. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’un humain se fasse assassiné. Un agent du FBI mêne l’enquête et la réalité se mêle à la fonction. J’espère que le film sera bien.