
En marge du phénomène Bolt qui continue d’outrepasser toutes les limites humaines de vitesse (nouveau record du 200m en 19′19!), peut-être avez-vous remarqué une autre victoire écrasante lors de ces championnats du monde d’athlétisme à Berlin, celle de la sud-africaine Caster Semenya sur le 800m féminin. Inconnue il y a quelques mois encore, tout juste âgée de 18 ans, elle réalise en 1′55″45 la 13e meilleure performance mondiale de tous les temps. Devant l’exceptionnelle précocité de ce talent, on se dit qu’une nouvelle légende du sport est née … Mais voilà… depuis son apparition aux mondiaux, Semenya fait l’objet de nombreuses spéculations, qui remettent en cause sa… féminité.
Pour bon nombre d’observateurs, ses performances incroyables pour son jeune âge, sa carrure et ses traits du visage très masculins, sa voix grave la rendent suspecte d’hermaphrodisme et de présenter des attributs des deux sexes. La fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a enjoint la fédération sud-africaine de lui fournir des documents permettant de déterminer le sexe de Semenya. Le processus, complexe et fondé sur l’expertise de spécialistes, psychologues et gynécologues n’aboutira pas avant plusieurs semaines. Cette affaire est d’autant plus délicate à traiter que l’athlète sud-africaine n’a rien fait d’illégal, puisque l’hermaphrodisme dont on la suspecte est un phénomène biologique, et donc parfaitement naturel…
Un tel fait divers dans le monde du sport fait écho à un autre cas d’intersexualité qui avait défrayé la chronique en 1966 dans le ski alpin : Erika Schinegger était devenue championne du monde de descente avant qu’un test médical n’établisse qu’il était un homme dont le sexe s’était développé à l’intérieur. Par la suite, il avait décidé de se faire opérer et de changer son prénom en Erik, puis s’était marié et était devenu père de famille. Mais ça c’est une autre histoire.

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