
Depuis la première version bêta en date du 2 septembre 2008, le navigateur Chrome n’a cessé de grappiller des parts de marché à grande vitesse et dépasse désormais Safari et Opéra avec 30 millions d’utilisateurs. Google est déterminé à faire de son navigateur une référence et à s’imposer dans le domaine, vous aurez probablement l’occasion de constater qu’il s’investit massivement dans une campagne publicitaire en ce début d’année. Cela n’est pas anodin…
Dans la rue, dans le métro parisien, en projection vidéo sur un mur à Londres (cf : vidéo en bas de l’article), dans les journaux « 20 minutes » et « Metro UK » ; mais également sur une multitude de sites Web à fort trafic comme LeMonde, Free, PagesJaunes, Overblog, Europe 1 ou le Figaro (la preuve en images sur l’article d’AbriCoCotier.fr)… Un bourrage de crâne commercial rondement mené !
Il n’est pas dans les habitudes de Google d’avoir recours à la publicité pour promouvoir ses nouveautés, en dehors des sites du réseau (je pense particulièrement à YouTube qui diffuse depuis un moment l’image de Chrome) et nous sommes presque étonnés de voir surgir de nulle part un matraquage d’une telle ampleur, qui a bien évidemment coûté un pognon monstre (si quelqu’un a une information à ce sujet, je suis preneur).
En temps normal, un tel investissement n’aurait probablement pas eu lieu, mais il se trouve que dans quelques semaines la guerre des navigateurs franchira un nouveau cap avec l’obligation pour Microsoft de proposer un écran de choix du navigateur Web (cf : l’illustration de ce billet). Dès lors il semble évident que Google a choisi d’anticiper la chose en faisant entrer dans notre quotidien la présence (au moins) visuelle du navigateur Chrome.
Une stratégie risquée ? Pas tant que ça. Soyons réalistes : quel utilisateur saurait argumenter un choix entre deux navigateurs, mis à part les initiés férus d’Internet ? Combien savent seulement ce qu’est un navigateur Web ? Bien que l’usage d’Internet soit répandu, je pense que la majorité des utilisateurs se positionne encore sur un schéma de consommation : un clic sur le « e » bleu permet de surfer, point barre. Je comprends tout à fait que l’on puisse ne pas chercher plus loin (si tant est que l’on sache que c’est possible).
C’est également l’avis de Google qui, fort d’une réputation mondiale et de moyens financiers conséquents, se permet un forcing magistral pour le jour fatidique où nous nous retrouvons face à ce choix (minime pour l’utilisateur mais capital pour l’évolution du Web en général). La logique est la suivante :
je ne suis pas un expert de l’informatique, on me demande de choisir un navigateur… Soit, mais lequel ? Tiens, j’ai déjà vu cette boule colorée quelque part. Ah mais oui c’est Google ! Bon ben va pour Google.
Tout ceci semble favorable aux navigateurs modernes, dont Chrome fait partie, et il est bon de s’en réjouir (ou de craindre un Tout-Google encore plus Big Brotherisant, certes).
De là à penser que Google profiterait de cette campagne pour nous amener gentiment à son système d’exploitation Chrome OS, il n’y a qu’un pas (et deux lettres)…

Louis
Salut Maxime !
Je me permets de te remercier pour le backlink
BK
Chiffres janvier 2010
- USA : Firefox = 30%; Safari = 9%; Chrome = 5.8%
- Europe : Firefox = 40%; Safari = 4%; Chrome = 5%
- France : Firefox = 34%; Safari = 4.8%; Chrome = 4.7%